Onde de Coop 2026

Onde de Coop : les Licoornes font entendre leur voix face aux violences du capitalisme

28 septembre 2026

Le 22 septembre, l’alliance des Licoornes organisait à Paris une nouvelle édition de son rendez-vous annuel, Onde de Coop sur le thème « Faisons collectif face aux violences du capitalisme ».

En ouverture, Maud Sarda, coprésidente des Licoornes et directrice générale de Label Emmaüs, a exprimé l’énergie que lui inspire le titre de l’événement, nécessaire pour « planter un drapeau dans un territoire inconnu, au cœur des modèles capitalistes carnassiers. » Amina Bouri, maire adjointe de Paris chargée de l’économie sociale et solidaire, a réaffirmé le soutien de la Ville de Paris aux Licoornes et plus largement aux coopératives. Le secrétaire général de l’alliance a, quant à lui, rappelé l’importance des campagnes de plaidoyer pour promouvoir un modèle économique plus juste et engagé.

Fondée en 2021 à l’initiative de neuf coopératives, l’alliance rassemble désormais 20 entreprises, avec l’arrivée de quatre nouveaux membres : Arcadie, Village Vivants, Politis et Coop Médias. L’alliance représente aujourd’hui 9 000 salariés et 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Des coopératives qui transforment concrètement les filières

Au-delà des principes, Onde de Coop a donné à voir des initiatives qui traduisent cette ambition dans les activités économiques.

Dans son reportage Des coopératives pour nous sauver du capitalisme ?, Carenews présente notamment Virgocoop, membre des Licoornes depuis 2025, qui travaille à la relance d’une filière textile française à partir de fibres naturelles et écologiques. Face à des filières textiles largement dominées par les matières synthétiques issues du pétrole, la coopérative accompagne des agriculteurs et éleveurs du Lot dans la production de chanvre, de laine et de lin. Elle a également relancé un atelier de tissage en Occitanie et créé une usine de transformation du chanvre, afin de maîtriser l’ensemble de la chaîne, de la collecte au produit final.

Autre illustration de cette logique de coopération : Arcadie, entreprise gardoise spécialisée dans les épices et les plantes médicinales biologiques, produites en France ou importées selon les principes du commerce équitable. Créée sous forme de Scop en 1990, elle a adopté le statut de Scic au début de l’année 2026. Pour son président, Mathieu Brunet, la coopération constitue une réponse aux crises actuelles : « Plus nous ferons collectif, plus nous serons résistants et plus nous serons capables d’apporter la meilleure réponse. » Arcadie a d’ailleurs participé, avec Enercoop et la compagnie maritime Zéphyr et Borée, à la création de Windcoop, une coopérative qui ambitionne de transporter des marchandises à la voile depuis Madagascar.

Faire évoluer les imaginaires et les financements

Un échange entre Maud Sarda et Romaric Godin, journaliste à Mediapart, a permis d’interroger les trois dimensions de la crise du capitalisme : économique, écologique et anthropologique. Face à cette polycrise, les Licoornes défendent la capacité des coopératives à proposer des réponses fondées sur la coopération plutôt que sur la seule concurrence et la logique de l’offre et de la demande.

« Ce que nous voulons d’abord transformer, ce sont les imaginaires. Notre existence prouve qu’une autre économie est possible », a souligné Maud Sarda.

Mais pour changer d’échelle, les coopératives doivent aussi pouvoir accéder à des financements adaptés. La coprésidente des Licoornes a ainsi appelé à faciliter leur accès aux banques publiques d’investissement, avant même de solliciter les investisseurs privés. Pour l’alliance, les entreprises qui contribuent à l’intérêt général doivent pouvoir bénéficier du soutien de la puissance publique.