La Fabrique coopérative, collectif pour le développement de l’éducation à la coopération, a présenté aux acteurs de la coopération et de l’économie sociale et solidaire les coopératives jeunesse de service, le 18 juin 2019 à l’issue de l’assemblée générale de Coop FR.

Nelly Lechapelain, présidente de la Fabrique coopérative qui a pris le relais de Coopérer pour Entreprendre pour coordonner l’expérimentation des coopératives jeunesse de service (CJS), était l’invitée de Coop FR le 18 juin 2019. Plusieurs témoignages de jeunes coopérants et de partenaires, le PTCE le Phares et l’université Paris 8, ont complété cette présentation qui avait pour objectif de mobiliser les acteurs de l’ESS, principalement coopératifs, sur la question de l’éducation à la coopération.

Un projet d’éducation à l’entrepreneuriat coopératif

Importée du Québec, la première coopérative jeunesse de service est créée en 2013 en Bretagne. En 2018, 65 coopératives sont créées qui permettent à 800 jeunes coopérants, d’une moyenne d’âge de 17 ans, de vivre pendant 3 à 6 mois l’expérience de l’entrepreneuriat coopératif. Cette expérience collective développe chez ces jeunes, 16-18 ans ou jeunes majeurs parfois en difficulté d’insertion sociale et professionnelle, la prise de conscience de leur capacité d’agir et acquièrent des compétences entrepreneuriales. La pédagogie coopérative, l’apprentissage par l’expérimentation et par les pairs, permet aux jeunes de découvrir l’entreprise et le collectif et de développer leur esprit d’initiative.


L’expérience a permis à Gabriel Collot (à droite), coopérant à la coopérative de jeunes majeurs (CJM) des Ullis, de lancer son entreprise de traiteur


Une véritable entreprise

Portée juridiquement par une coopérative d’activités et d’emplois, la CJS peut produire, facturer et rémunérer les jeunes coopérants en fonction du résultat. Prestations de services aux particuliers, entreprises, collectivités, restauration-traiteur, économie circulaire et réemploi, etc., les activités sont variées. Encadrés par deux animateurs formés, les jeunes passent entre 20h et 35h en moyenne par semaine à la CJS où ils prennent à gérer leur entreprise : démarchage clients, calcul des prix, gestion, comptabilité, communication…

Un déploiement rapide mais fragile

Majoritairement tourné vers la jeunesse, depuis 2017, ce type de coopération est également mis en place avec les jeunes majeurs et les étudiants. Les acteurs de Coop en 8, la coopérative étudiante éphémère portée par Coopaname et l’université Paris 8, ont témoigné de la dynamique d’un tel projet. Quasi la moitié des étudiants engagés dans Coop en 8 va continuer une activité au sein de Coopaname, partenaire CAE du projet que Paris 8 reconduira en 2020 !

L’université Paris 8 est partenaire de la coopérative éphémère de services Coop en 8

Déjà 800 jeunes, dont 600 CJS, ont expérimenté le projet. Objectif : 1500 jeunes coopérants d’ici 2020 ! Et d’’autres universités sont intéressées par le projet : Paris 1, 7, 10, 12 ! Comité local, parrains, animateurs, coopérative d’activités et d’emplois, tous les partenaires sont mobilisés à travers le territoire. Mais le modèle doit encore être sécurisé financièrement et juridiquement au niveau national. La coordination nationale, au service des projets et des territoires, doit avoir les moyens d’essaimer ce projet d’éducation à la coopération. La Fabrique coopérative fait appel au mouvement coopératif et à l’ESS afin de soutenir l’essaimage et le déploiement, pourquoi pas au sein d’un consortium d’éducation à l’ESS qui permettrait de collecter des fonds.


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