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Assemblée générale 2007 de l’Alliance coopérative internationale
L’innovation au XXIe siècle
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L’Assemblée générale de l’Alliance Coopérative
Internationale (ACI) s’est tenue les 18 et 19
octobre 2007 à Singapour. Cette année, le thème
retenu pour l’événement qui rassemble tous les
deux ans les coopérateurs du monde entier était
« L’innovation dans l’entreprise coopérative » et
portait sur l’identification des défis du XXIe siècle,
notamment le développement durable, le changement
climatique ou encore les normes comptables
internationales. La partie statutaire de l’Assemblée
générale avait, cette année, une importance particulière
avec la discussion des rapports des groupes
de travail sur la gouvernance et sur la restructuration
de l’ACI.
Plus de 1 000 délégués, de toutes les régions du
monde ont participé aux deux journées de travaux.
Les membres français de l’ACI étaient présents
ou représentés : GNC, Crédit Coopératif, Crédit
Mutuel, Fédération Nationale des Coopératives
de Consommateurs (FNCC), et Confédération
Nationale de la Coopération, de la Mutualité et du
Crédit Agricoles (CNMCCA).
De´e´bats et ateliers sur le the`e`me
Linnovation dans lentreprise coope´e´rative
Le 18 octobre 2007, les débats de l’Assemblée générale
ont été introduits par trois invités : Michael
Henriques, chef d’unité à l’Organisation Internationale
du Travail (OIT), Lim Boon Heng, Ministre
du gouvernement de Singapour et président du
Congrès des syndicats de Singapour, et David Cook,
Directeur exécutif de « The Natural Step ».
Michael Henriques, qui présentait le directeur général
de l’OIT, a souligné le rôle que peuvent jouer les
coopératives dans la mise en oeuvre des deux priorités
actuelles de l’OIT, la durabilité des entreprises
et la responsabilité sociale. L’OIT reconnaît en effet
que les coopératives sont l’une des formes d’entreprises
les plus durables, de nombreuses d’entre
elles étant présentes depuis plusieurs décennies et
ayant montré leur capacité d’adaptation.
L’importance des coopératives et la nécessité de
prévoir un cadre réglementaire adapté sont reconnues
par l’OIT, notamment dans sa résolution 193,
qui est intervenue auprès de 70 gouvernements qui souhaitaient adopter ou amender leur législation
coopérative. Mais une réglementation adaptée n’est
pas suffisante et l’OIT souligne également l’importance
de la formation et du développement du
potentiel humain, domaines dans lesquels les coopératives
ont une expérience particulière. Enfin, un
dernier challenge est celui de la visibilité. Les coopératives
doivent illustrer leur poids par des chiffres.
Le projet Global 300 va dans ce sens, tout
comme un récent rapport de l’OIT sur l’emploi en
région rurale et la réduction de la pauvreté.
Lim Boon Heng a dénoncé les possibles dérives
d’un système d’entreprises ne recherchant que le
profit et opposé le système coopératif, basé sur
des valeurs d’entraide et de service à la communauté.
Il a présenté le réseau de coopératives du
Congrès des syndicats de Singapour qui ont été
créées dans des domaines où il existait des besoins
sociaux (distribution alimentaire, banque, pharmacie,
services à le personne, etc.).
David Cook a rappelé les enjeux du développement
durable et l’impact des activités humaines sur l’environnement.
Il invite les coopératives à être plus
innovantes et à être associées à la notion de développement
durable, en application de leurs valeurs.
Les travaux se sont poursuivis tout au long de la
première journée en deux sessions consacrées au
développement durable et à l’innovation, pour
continuer le lendemain avec une session plénière
consacrée aux normes comptables internationales
présidée par Jean-Claude Detilleux, président du
GNC et président du groupe de travail de l’ACI sur
les normes comptables. La session était destinée à
informer et sensibiliser les coopérateurs du monde
entier sur le processus d’élaboration des normes
comptables internationales, leur impact sur les
activités des coopératives et les actions menées au
niveau international par l’ACI et par ses membres.
L’invitée spéciale de cette session était Madame
Tricia O’Malley, ancienne membre du conseil d’administration
de l’IASB et coordinatrice à l’IFRIC.
Mme O’Malley a présenté la structure et le fonctionnement
de l’IASB, les objectifs poursuivis par l’élaboration
d’un référentiel comptable international,
les problématiques à résoudre, les enjeux futurs,
les acteurs concernés, etc. Des représentants des
coopératives d’Europe, des Etats Unis et de la
Nouvelle-Zélande ont répondu, au cours d’une table
ronde, à cette intervention et présenté les problématiques
rencontrées par les coopératives ainsi que
les actions menées et les contacts développés avec
les autorités comptables internationales.
Assemble´e´e ge´e´ne´e´rale statutaire
La partie statutaire de l’Assemblée générale a porté
sur la présentation du rapport d’activité et des
comptes de l’ACI. Ces derniers sont équilibrés,
mais l’ACI reste dans une situation financière fragile.
Ses ressources sont limitées par rapport aux missions qui lui sont confiées et face aux besoins
croissants des régions, l’Europe en particulier,
ainsi que l’Afrique dont l’essentiel du financement
est assuré solidairement par le budget central et
celui des régions.
Une légère modification statutaire a été adoptée,
afin de permettre l’intégration de Coopératives
Europe et la conformité avec les statuts de la nouvelle
structure.
Trois motions ont été adoptées, sur des thèmes
reflétant les préoccupations des membres de l’ACI,
qui portent sur les changements climatiques, la
protection des enfants contre la violence (augmentation
de la violence parmi les enfants), et le .coop.
Le prix Rochdale, décerné à des personnes ayant
contribué au rayonnement des coopératives a été
remis à Mme Esther Gicheru, collège coopératif du
Kenya ; le professeur Ungku A. Aziz, organisation
nationale coopérative de Malaysie, et M. Francisco
Caballo Herrero, Union des coopératives de
consommateurs et d’usagers d’Espagne.
Comme il a été indiqué en introduction, deux
points majeurs de l’Assemblée générale statutaire
portaient sur les travaux du groupe de travail sur
la gouvernance et ceux du groupe de travail sur la
restructuration de l’ACI.
Le premier groupe de travail, présidé par la suédoise
Gun Britt Matterson, a été créé en 2005. Les
travaux ont porté sur quatre points :
l’élaboration d’un cadre stratégique pluriannuel
pour l’ACI dans lequel opèrent maintenant le
conseil d’administration et le secrétariat et qui doit
encore être mieux décliné au niveau des régions ;
la mise en place de procédures de bonne gouvernance
et de codes de conduite pour les dirigeants
et administrateurs ;
la réalisation d’un audit des compétences des
membres du conseil d’administration et la mise en
place de formations dès 2008 ;
une réflexion sur la structure de l’ACI et le processus
de décentralisation qui a été reprise par le
groupe de travail sur la restructuration.
Sur les 44 recommandations émises par le groupe
de travail, 36 sont déjà appliquées ou en cours d’application,
ce qui est très positif et témoigne de nombreux
progrès. Ces différentes évolutions doivent à
présent être mieux intégrées dans le cadre global
d’action de l’ACI, au niveau central et dans les
régions.
Le groupe de travail sur la restructuration a été
créé en 2006, il est présidé par Alban d’Amours,
président des Caisses Desjardins. Le groupe de travail
s’est penché sur les questions liées à :
La composition du sociétariat de l’ACI (éligibilité
des membres, catégories, collecte des cotisations,
mise en place d’une base de données sur les statistiques
concernant les membres, etc.)
La structure de l’ACI, en réaffirmant la pertinence
du modèle global actuel et recommandant le maintien
du nombre de régions. Une autre recommandation
porte sur l’examen de la possibilité d’établir
l’ACI, qui est actuellement sous forme d’association
de droit suisse, comme coopérative. Il a aussi
été convenu que les organisations sectorielles disposeront
dorénavant de deux sièges au sein du
conseil d’administration de l’ACI. Jean Louis
Bancel, Président de l’association internationale
des banques coopératives (AIBC) et Javier
Salaberria, Président de l’association internationale
des coopératives de production (Cicopa) ont été
désignés à ces deux postes. D’autres recommandations
portent encore sur la mise en place et le rôle
des comités et groupes de travail de l’ACI.
L’élaboration d’une nouvelle grille de calcul des
cotisations. Ce travail complexe est en cours, et
nécessite de nombreuses consultations, collecte de
données et simulations. L’état d’avancement de ces
travaux a été présenté à Singapour, le groupe travaille
à l’élaboration d’une grille qui reposerait en
grande partie sur le nombre de membres représentés
par les organisations. Le GNC et les membres
français de l’ACI ont déjà fait valoir qu’une telle
base de calcul pouvait conduire à des inégalités
importantes entre coopératives notamment entre
celles qui réunissent un grand nombre de sociétaires
individuels et les coopératives, parfois plus
importantes économiquement, mais qui ont un
sociétariat plus limité et constitué d’entrepreneurs.
Au vu des nombreuses évolutions proposées et des
orientations adoptées mais qui doivent encore être
traduites en recommandations concrètes, le
conseil d’administration de l’ACI, réuni à
Singapour les 14 et 15 octobre, a jugé qu’il était
prématuré de demander à l’Assemblée générale de
se prononcer.
Il a donc été convenu qu’une Assemblée générale
extraordinaire sera convoquée en mai/juin 2008, qui
adoptera les modifications statutaires nécessaires.
D’ici là, les travaux du groupe de travail et les consultations
avec les organisations membres se poursuivront
de façon intensive et selon un calendrier serré.
Le GNC participe pleinement à tous ces travaux.
Re´e´union du groupe de travail de lACI
sur les normes comptables internationales
Le groupe de travail de l’ACI sur les normes comptables
internationales présidé par Jean-Claude
Detilleux, président du GNC, s’est réuni le 17 octobre
2007, en deux sessions, l’une réservée aux membres
du groupe de travail et une deuxième, publique, qui
accueillait Madame Tricia O’Malley, coordinatrice à
L’Ifric, invitée à Singapour pour intervenir lors de la
session plénière de l’Assemblée générale consacrée
aux normes comptables. Au cours de la réunion du
groupe de travail, les membres ont pu faire le point
sur les différents dossiers d’actualité, distinction
entre capital et dettes dans le cadre du processus de
rapprochement entre les référentiels IFRS et FAS,
traitement comptable des fusions entre coopératives,
etc. Conformément au mandat donné par le
conseil d’administration de l’ACI, le groupe de travail
a convenu d’élaborer une réponse de l’ACI à la
consultation lancée par l’IASB sur un projet de normes
comptables internationales pour les PME.
Lors de la session ouverte au public, Mme O’Malley
a présenté clairement les travaux de l’IASB, son
mode de fonctionnement et l’objectif de ses travaux.
Au cours de cet exposé, elle a donné de nombreux
conseils aux coopératives sur le meilleur
moyen de se faire entendre et de contribuer aux travaux
de l’IASB. Cette discussion, très enrichissante,
a ouvert de nouvelles possibilités de contact avec
l’IASB, notamment au travers d’un projet proposé
par les coopératives de création d’un groupe de travail
sur les coopératives au sein de l’IASB.
Re´e´unions des organisations sectorielles,
comite´e´s spe´e´cialise´e´s, Global 300, etc.
Les Assemblées générales de l’ACI, lieu unique de
rassemblement de coopérateurs du monde entier,
sont toujours une occasion d’organiser de nombreuses
réunions qui se sont déroulées tout au
long de la semaine du 14 au 19 octobre. Ainsi, les
organisations sectorielles de l’ACI (banques, agriculture,
production, consommateurs, pêche, santé)
ont tenu leur Assemblée générale et des séminaires
thématiques. Les groupes de travail et comités de
l’ACI (comité des femmes, comité des ressources
humaines, comité pour le développement, etc.) se
sont également réunis. Une session de travail a
aussi été consacrée au Global 300 et la liste 2007 a
été lancée à cette occasion.
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