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L’illusoire République coopérative de Gide et Poisson comme le pragmatique secteur coopératif de Fauquet - qu’il est erroné de considérer comme une théorie de l’immobilisme - ainsi que bien sûr la loi de 1947 ont conféré à la coopération son titre de Mouvement en lui permettant de se projeter et ainsi renforcer son dynamisme. Des frontières, la coopération en a franchi de nombreuses. Territoriales, sociales et sociologiques, juridiques, économiques, parfois ces frontières ont pu paraître comme des barrières, des lignes de démarcation ou de front, d’autres comme des horizons à atteindre.
Les créations récentes de coopératives d’artisans et de Scop dans le domaine des services à la personne, le développement de la finance solidaire et du microcrédit par les banques coopératives, l’émergence d’une coopérative de distribution d’électricité verte ou bien encore l’ouverture de magasins bio sous forme de coopératives de consommateurs sont autant d’illustrations de la capacité d’innovation et de prospection de la coopération. Au-delà de nos frontières, les entreprises coopératives proposent notamment des services de téléphonie comme au Royaume-Uni ou d’Internet et de télévision par satellite aux Etats-Unis. Et comment ne pas citer le .coop, le nom de domaine Internet qui permet aux coopératives d’afficher leurs différences sur la Toile.
Sur le plan juridique, la transposition en droit français du statut de la société coopérative européenne dotera, très prochainement, les entreprises coopératives d’un outil pour regarder au-delà des frontières géographiques et de le faire, en partenariat, avec d’autres coopératives. Le multisociétariat de la société coopérative d’intérêt collectif (Scic, www.scic.coop) constitue une ouverture aux acteurs du développement local. Elle permet à la coopération d’explorer de nouveaux secteurs et d’innover en matière de développement durable et d’écologie.
Mais ce ne sont que des outils et ils doivent donc être utilisés, promus expliqués et portés. Sinon, le risque est que ces statuts finissent au fonds de bibliothèques comme les outils introduits dans la loi de 1992 pour développer des coopératives de professions libérales. Les auteurs de ces dispositions y voyaient de nouveaux horizons pour la coopération.
Certains souhaitent restreindre la coopération et l’économie sociale, aux confins du système économique. Ne leur en déplaise ! La réussite des entreprises d’économie sociale sur de très nombreux marchés démontre, qu’au contraire, il n’y a pas d’interdit pour leur développement sur de nouveaux territoires, à condition qu’elles le décident et que les Mouvements fassent émerger de nouvelles dynamiques.
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