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  Rubrique : Edito
5 Avril 2006

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  « J’ai acheté à la coopé »

C’est par ce cri que les élèves et les enseignants du lycée dont on suit la vie dans le film de Jean-Jacques Zilbermann Les Fautes d’orthographe*, déclarent, avec fierté, leur appartenance à la coopérative créée par deux élèves. Certes ce n’est qu’une réplique d’un film lancée comme un slogan à la tête du proviseur autoritaire (nous sommes au début des années 70). Mais c’est une phrase que l’on aurait pu entendre, il y a encore quelques dizaines d’années, dans les réunions de famille ou à la pause déjeuner. Elle doit encore résonner dans certains milieux professionnels mais pas suffisamment pour qu’elle porte dans toute la société.

Quotidiennement, des millions de personnes consomment, travaillent dans une coopérative ou utilisent ses services. Mais combien savent qu’ils sont, pour la plupart, coopérateurs et surtout à quoi correspond ce statut dont le fondement est la double qualité ? Certes, l’ensemble des familles coopératives ont fait de la formation à la coopération de leurs élus et de leurs sociétaires un élément central de leur politique. Les banques coopératives mettent l’accent, avec succès, sur le développement de leur sociétariat. Mais il n’est pas certain que ces efforts soient suffisants pour que demain la coopération, comme elle peut l’être au Québec, soit portée par le plus grande nombre. La quasi-totalité de la population adhère à une entreprise d’économie sociale, il faut maintenant qu’elle adhère à nos valeurs et nos pratiques.

Il n’est pas question de lancer un nouveau mythe de la République coopérative mais tout simplement que la coopération continue, comme elle l’a fait dans le passé, à répondre aux nouveaux besoins des acteurs sociaux et économiques. C’est le défi que nous devons relever ensemble. Deux pistes convergentes et concomitantes pourraient être rapidement explorées et mises en oeuvre.

Alors qu’il existe un peu partout dans le monde des coopératives de jeunes et d’étudiants, en France, la coopération n’est présente qu’à l’école élémentaire par le biais des 51 000 coopératives scolaires affiliées à l’OCCE. La coopération a abandonné le collège et le lycée tout comme l’université. Son renouveau passe par un nécessaire réinvestissement auprès des jeunes. La Semaine de la coopération à l’école est un élément positif mais elle n’est qu’un élément de la réponse. Il faut que le mouvement coopératif s’engage à initier et soutenir la création de coopérative de jeunes. L’éducation à la coopération n’est efficace que si elle se fait par la pratique.

Coopération industrielle, mise en réseaux sur les territoires de PME, volonté de faire émerger des pratiques participatives et solidaires de proximité, volonté de se regrouper, etc. les projets coopératifs, locaux, nationaux et internationaux, ne manquent pas. A nous de convaincre celles et ceux qui portent ces projets que la coopérative est un outil adapté à leur entreprise.

Revendiquer ! Pour la Coopération : sa place et sa légitimité. Pour les coopérateurs : leur appartenance et leur voix. Etre présents sur le terrain, militer….pour rendre la Coopération plus attractive.

(*) Avec Carole Bouquet, Damien Jouillerot et Olivier Gourmet Bac Films - 2004 - 1h30




 
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