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Le commerce associé : une forme de commerce durable….
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Jean Leroyer, Président des Enseignes du commerce associé, a ouvert les Rencontres du commerce associé (Neuilly sur Seine, 25 mai 2004) en rappelant qu’aujourd’hui les commerçants indépendants représentent moins de 20 % du commerce de détail alors qu’ils en représentaient 70 % dans les années 60. La nécessité de s’organiser en réseau pour devenir plus performants est devenue quasi incontournable. C’est dans ce contexte, rappelle le président de la fédération, que le commerce associé s’est vite imposé, permettant aux commerçants d’être maîtres de leur destin au travers d’une structure commune dont ils détiennent ensemble le capital. La bonne santé de la fédération, qui a accueilli en 2003 cinq nouveaux adhérents, en est la concrète illustration.
Près de 270 personnes ont assisté à ces rencontres qui avaient pour thème « Le commerce associé, un entrepreneuriat durable ». Pour Jean Leroyer, les groupements doivent réfléchir aux conditions à réunir pour assurer la pérennité, sans laquelle cette forme de commerce ne serait pas durable.
Ainsi, attirer des nouveaux entrepreneurs et des repreneurs est un véritable défi pour les Enseignes du commerce associé. 58,6 % des interrogés estiment avoir déjà perdu des entreprises faute de repreneurs. Il faut donc que la fédération et les groupements continuent leurs efforts pour présenter les atouts du commerce associé et en faire une force d’attraction. C’était le thème de la première table ronde qui a réuni des dirigeants de groupements, un professeur associé d’école de commerce et un représentant des Chambres de commerce et de l’industrie.
…et une force d’attraction
« Le modèle coopératif porte des valeurs qui sont à même d’attirer et de séduire de futurs entrepreneurs : l’indépendance du chef d’entreprise, la force du groupement en terme d’achat et de service, l’implication des associés. A la différence d’autres modèles d’organisation, l’individu est plus important que le système lui-même. » Jacques Guillon, Directeur général de Bébé 9, a ainsi défini les atouts du commerce associé pour attirer de nouveaux entrepreneurs au cours de cette première table ronde. Le développement futur de l’enseigne Bébé 9 nécessitera de recruter de nouveaux adhérents, juge son Directeur général. Différentes pistes sont étudiées, notamment la sensibilisation des salariés et des enfants d’associés, pour faire face à ce besoin de recrutement qui va s’accroître avec la hausse, dans les cinq ans à venir, des transmissions d’entreprises. L’accompagnement des jeunes entrepreneurs est un élément important pour faciliter leur intégration. Ainsi, Bébé 9 a mis en place en 2004 le « Club des jeunes », lieu d’échanges entre les jeunes associés du réseau. C’est aussi un lieu d’accueil pour de futurs candidats, qui donnera « une image jeune et dynamique à l’enseigne » déclare Jacques Guillon. Ce club met en face des jeunes entrepreneurs, de jeunes associés « qui ont le même langage et le même type d’avenir », précise-t-il. L’étude réalisée pour ces Rencontres montre que les repreneurs d’entreprises dans le commerce associé sont avant tout des hommes et des femmes de 35 à 45 ans en moyenne. La création du Club des jeunes chez Bébé 9 s’inscrit parfaitement dans cette réalité.
La coopérative, un système alter-mondialiste
Joël Didillon, Président de Best Western France, a sûrement surpris certaines personnes de l’auditoire en déclarant que selon lui, la coopérative est un système alter-mondialiste. Le commerce associé est en effet très différent des modèles intégrés, dans l’hôtellerie notamment précise-t-il. Ainsi chez Best Western, le financement, la culture, le personnel, le savoir-faire sont d’ordre local. C’est cette différence qui est, selon le président de la chaîne volontaire, un élément d’attraction pour les hôteliers indépendants. Fortement ancré sur le plan local, avec un savoir-faire et une conception différentes d’un pays à l’autre, Best Western doit avoir, pour Joël Didillon, une marque internationale forte et une promesse cliente identique dans tous les pays, c’est à dire une dimension globale.
Groupement d’entrepreneurs
Philippe Antoine, Délégué général de la Fédération des Enseignes du commerce associé, rappelle que la fédération explique fréquemment l’évolution du commerce associé en parlant d’une forme de commerce qui est passée de groupement d’achat à un groupement d’enseigne. Il convient peut-être, selon le Délégué général, d’ajouter une dimension, celle de groupements d’entrepreneurs. Pour la fédération, précise-t-il, il faut faciliter la montée en puissance des repreneurs extérieurs en communiquant plus sur la forme et les atouts du commerce associé que sont l’indépendance et la sécurité.
Enfin, Philippe Antoine a tenu à rappeler que les groupements sont des structures durables puisqu’une partie des excédents va vers les magasins pour leur permettre d’être encore plus dynamiques, et que l’autre partie sert à conforter le système, à développer, entre autres, une enseigne plus forte, des services et des outils financiers. L’ensemble de ces moyens sont durables, puisqu’ils ne sont pas la propriété d’une génération. Les groupements doivent être sans cesse attentifs à ce que l’appropriation de ces moyens soit toujours collective et ne devienne pas individuelle, affirme en terme de conclusion le Délégué général.
En conclusion des deux tables rondes, Jean Leroyer a affirmé que « La transmission est avant tout un problème humain plus qu’un problème technique et qui nécessite un accompagnement collectif que l’on trouve dans le commerce associé ». L’étude menée pour ces Rencontres montre que 60% des groupements envisagent la transmission sereinement et que près de la moitié déclare avoir mis en place un outil pour préparer et faciliter ces transmissions, nouvelle preuve de l’intérêt de s’associer au sein de coopératives.
Dans son intervention de clôture, Jean-Luc Aubineau, sous directeur chargé des affaires juridiques à la DECAS, est revenu sur les différentes mesures et orientations du gouvernement pour faciliter la création d’entreprises, simplifier les procédures en vue de favoriser le développement des entreprises et leur transmission. En conclusion, Jean-Luc Aubineau a constaté à travers les différents témoignages que les groupements de commerçants associés ont su mettre en place des outils efficaces et puissants au service des entrepreneurs indépendants. Les initiatives du commerce associé sont, de ce fait, un modèle et sont indispensables à la pérennité des entreprises, a-t-il tenu à ajouter.
Le Commerce associé poursuit sa croissance tout en cultivant sa différence
La Fédération des Enseignes du commerce associé a accueilli en 2003, cinq nouveaux adhérents (cf . L/GNC N°318) en s’ouvrant au secteur des services et fédèrent aujourd’hui 41 groupements . Ces groupements développent 70 enseignes réparties sur 24 600 points de vente (+ 1,8%). 21 000 commerçants (+ 0,8 %) animent ces enseignes qui emploient 182 000 salariés (+ 4,9 %). Le commerce associé représente 11,4 % de l’emploi salarié dans le commerce de détail avec la création nette de 7 000 postes en 2003. Les 41 groupements réalisent, sur leurs points de vente, un chiffre d’affaires de 35,3 milliards d’euros, ce qui représente une part de marché de 8,8 % du commerce de détail français (+ 0,4%). La forte croissance enregistrée en 2003, qui à périmètre constant se monte à 6,4 %, s’explique en partie par les bons résultats des secteurs alimentaire, optique, sport, mais aussi des services.
http://www.les-enseignes-du-commerce-associe.com
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